Devenir solopreneur n’est pas encore très courant en France. C’est une chance. Il y a par conséquent beaucoup de places à prendre. Si vous êtes en train de me lire, c’est que vous avez déjà fait une bonne partie du chemin. Il ne vous reste “plus qu’à”.

Même si je me suis lancé à fond en 2022, je me considère solopreneur depuis 2018. Dans cet article, je partage mon parcours, mes recherches, les outils que j’utilise. En espérant que ça vous fasse gagner beaucoup de temps pour votre propre aventure.

anthony ardisson consultant growth

J’ai signé mon premier CDI en 2015. Depuis, j’ai dépensé 80 % de mon temps éveillé à charbonner pour permettre à d’autres personnes de réaliser leurs rêves. En 2022, lorsque je me suis fait virer de mon job CLevel dans une startup, j’ai eu le temps de me poser des questions. 

Est-ce que j’ai toujours envie de bosser comme un enfoiré avec pour seul horizon les prochaines vacances ? Est-ce qu’on peut réellement passer une vie à attendre 5 % d’augmentation ? A force de répondre à des chasseurs de tête ou de me balader sur Welcome to the Jungle, je crois que la réponse est non. Méga non.

Pourtant, quitter le salariat fait flipper, surtout quand on n’a pas d’exemples autour de soi qui nous montrent que c’est possible.

Je me propose d’être votre référence : au fur et à mesure de mes pérégrinations pour devenir un solopreneur accompli, je vais donc vous partager mes enseignements. En espérant qu’ils puissent vous servir.

J’envisage cet article comme un guide pour les solopreneurs, que je mettrai à jour constamment, avec mes nouvelles découvertes. Est-ce que ça vous intéresse d’être tenus au courant ?

Solopreneur : définition d’un terme encore peu connu

On vous expliquera la plupart du temps qu’un solopreneur est quelqu’un qui entreprend seul. Oui, effectivement, lancer des business seul est courant pour un solopreneur. Mais c’est un peu réducteur.

Pour moi, un solopreneur est ni plus ni moins qu’un individu qui élargit ses horizons professionnels dans le but de prendre en main sa trajectoire et sa qualité de vie. C’est la façon d’envisager sa carrière professionnelle qui fait le solopreneur, pas son business ou son statut. Par conséquent, un solopreneur peut être indépendant, auto entrepreneur, freelance, consultant, entrepreneur individuel, président de SASU, auteur, formateur, commerçant, agriculteur néo rural, en CDD, en CDI temporairement… ou plusieurs de ces choses à la fois.

Le seul point commun qu’il y a entre tous les solopreneurs, c’est leur volonté de multiplier leurs sources de revenus, afin de réduire leur dépendance à une source en particulier. Le CDI étant le premier incriminé.

CDI versus solopreneur

Loin de moi l’idée de dire qu’un CDI est une mauvaise chose. Au contraire, cela peut être pratique et rassurant à certains moments de la vie. C’est d’ailleurs un passage quasi obligé pour obtenir un prêt immobilier ou même trouver un appartement à louer. Mais le CDI a le défaut d’étouffer l’initiative personnelle. Un salaire qui tombe tous les mois est confortable ; le CDI crée une barrière mentale difficile à franchir. Résultat, les Français restent 40 ans le salarié de quelqu’un, en ayant peu ou pas évolué socialement et humainement.

Devenir solopreneur est une belle façon de se remettre à rêver. Où suis-je capable de m’emmener ces dix prochaines années ? A quoi ressemblera ma vie dans 20 ans ? Les possibilités d’un solopreneur sont immenses. Rien à voir avec la trajectoire réglée des salariés.

Durant la vie du solopreneur, il n’est toutefois pas absurde d’accepter des CDI. D’ailleurs, c’est souvent comme ça qu’on commence : la première source de revenu annexe est souvent issue d’un side business… soit d’une activité développée en dehors de son travail salarié.

Plus tard, il peut être malin de reprendre un CDI si sa situation financière l’impose. Typiquement, il faut 3 ans de revenus indépendants pour qu’ils soient pris en compte par votre banquier pour l’obtention d’un prêt. Si vous vous êtes lancé plus récemment, ou que la moyenne de vos revenus sur ces trois ans est faiblarde, ça vaut probablement le coup de valider la période d’essai d’un CDI pour arriver à vos fins.

Le CDI et une activité de solopreneur peuvent donc cohabiter. Gardez en tête qu’il n’y a jamais de points de non retour, dans un sens comme dans l’autre.

Solopreneur ou infopreneur

Un infopreneur est un particulier qui a comme source de revenus la vente de produits ou services dématérialisés sur internet (formations, ebooks, conférences, coaching, conseils, recommandations, etc.).

Un solopreneur peut donc être un infopreneur. Un infopreneur n’est pas nécessairement un solopreneur (rapport à l’état d’esprit !).

Le solopreneur est-il condamné à être seul ?

Non, et heureusement. Vous êtes à l’initiative de projets qui vous tiennent à cœur, mais rien n’indique que vous bossez tout seul dans votre coin.

Si vous vendez de la connaissance, vous aurez nécessairement des rapports avec vos clients, mais aussi d’autres solopreneurs en rejoignant des collectifs.

Si vous vendez de l’affiliation, vous aurez des rapports commerciaux avec vos partenaires.

Si votre projet fonctionne et que vous souhaitez vous dégager du temps pour de nouveaux projets, vous pourriez faire appel à des freelance ou même engager quelqu’un. C’est tout le mal que je vous souhaite.

Pourquoi devenir solopreneur ?

3 raisons principales m’ont poussé à devenir solopreneur. Avec en ligne de mire l’espoir d’atteindre une certaine forme d’indépendance financière.

Devenir Solopreneur pour maîtriser son temps

Quand on est salarié, même cadre, on ne maîtrise pas vraiment son temps. On sait qu’un intérêt autre que le nôtre va accaparer notre bande passante de 9h à 19h, cinq jours par semaine. On sait aussi que le court weekend sert à accomplir les tâches qui incombent à l’adulte responsable, puis se reposer. Parfois, on a le temps de s’amuser.

Ça s’accentue à l’arrivée des enfants. On attend les vacances avec impatience, puis celles de l’année suivante ; un jour on a cinquante ans et il reste 17 ans à tirer avant de pouvoir partir à la retraite. Les 17 années les plus longues de notre vie, car il faut absolument s’accrocher à son job avec une motivation au point mort.

Etre solopreneur, c’est maîtriser son temps. Tout ce que vous faites, vous le faites pour vous. Vous n’avez plus besoin de faire acte de présence. Vous avancez à votre rythme et prenez le repos dont vous avez besoin. Par exemple, je m’autorise des après-midi de libre si je ne me sens pas efficace. Je travaille le weekend si je me sens inspiré. Je garde ma fille tous les vendredis. Je n’ai plus le blues du dimanche soir. Ça n’a pas de prix.

Devenir solopreneur pour avoir plusieurs vies professionnelles

J’ai un diplôme en marketing, je suis censé être un marketeur toute ma carrière professionnelle. C’est en tout cas comme ça qu’on a toujours conseillé ma trajectoire : “multiplie les expériences cohérentes pour gravir les échelons de l’entreprise”. Cela passe par obtenir une bonne école, faire des stages, obtenir un premier poste, prendre des cafés avec la bonne personne, être promu, être débauché par un concurrent pour y faire la même chose, attendre que son boss soit lui même promu ou débauché pour prendre sa place, faire attention à ses collègues qui briguent le même poste, puis finir par débarquer avec ses cheveux gris au COMEX. Durant ma carrière, j’aurais été un marketeur correct, un manager sans formation et un fin connaisseur des rouages politiques de l’entreprise. J’aurais brassé beaucoup de vent.

Etre solopreneur, ce n’est pas chercher à gravir les échelons. Vous êtes déjà au sommet, vous avez donc tous les droits, toutes les possibilités, même les plus folles. Vous faites du violoncelle ? Vous pouvez vendre des formations en ligne. Vous adorez l’équitation ? Créez un blog qui présente du matériel et affiliez vous à des entreprises du secteur. Votre passion, c’est l’investissement ? Lancez une newsletter et faites-la sponsoriser.

Le champ des possibles est immense, tout comme le nombre de capacités que vous allez développer en suivant vos idées. Le solopreneur est un doer, ce qu’il fait, même dans l’échec, est concret et réutilisable.

Devenir Solopreneur pour continuer à rêver

Un salaire, ça tombe tous les mois. Une prime, on sait plus ou moins à quoi s’attendre. Une augmentation ? Il faut la réclamer. Dans 3 ans, vous aurez de quoi financer l’apport d’un appartement plus grand pour élever vos enfants. Puis, à 55 ans, grâce à un héritage, vous aurez de quoi acheter une résidence secondaire. Dans l’idéal, vous aurez de quoi vous payer un EHPAD pas trop pourri quand vous aurez perdu votre autonomie.

Ca, c’est la route du salariat. Elle est tracée. Plutôt une belle vie en vérité, mais absolument sans surprise. 

On ne peut pas s’enrichir en étant salarié. On sera toujours dépendant de son employeur, et soumis aux coups du sort. Ma mère a perdu son job à 55 ans, elle a dû retourner à la fac valider son expérience professionnelle pour retrouver un job payé au SMIC. Dans le salariat, plus on vieillit, moins on est désirable : on est moins motivé, on coûte plus cher, on est plus exigeant.

Etre solopreneur, c’est bâtir son propre socle de revenus. Personne ne vous en voudra de vieillir si vous bossez pour vous-même. Si vous bossez bien, vous pouvez même rêver d’une autre vie. Les exemples ne manquent pas, outre Atlantique, de solopreneurs qui ont développé un écosystème de business leur rapportant des centaines de milliers d’euros par an. Si vous ne le connaissez pas, abonnez-vous à Justin Welsh, l’une des figures proéminente du mouvement.

Le graal du solopreneur : l’indépendance financière

Plus de temps, plus d’expériences, plus d’argent. Ce sont les ingrédients d’une meilleure qualité de vie.

Mais dans quel but ? Je crois que l’Homme a besoin d’un objectif pour avancer. Je me pose souvent la question du mien. J’en arrive à la conclusion suivante : je souhaite que ma famille et moi-même puissions vivre heureux le plus longtemps possible.

Pour ça, il me semble important d’atteindre un certain niveau d’indépendance financière au cours de ma carrière professionnelle, de manière à ne plus jamais dépendre d’autrui ni me soucier d’éventuels coups durs.

L’indépendance financière, qu’est-ce que ça signifie ?

Ni de partir faire du jet ski à Dubaï, ni de pavaner en costume devant une Lamborghini louée.

Pour moi, atteindre l’indépendance financière signifie avoir mis en place un flux de revenus entrants diversifiés et peu chronophages. Certains freelances sont encore plus sous l’eau que certains salariés. Certes, ils gagnent mieux leur vie, mais ils l’ont vendue en contrepartie.

Concrètement, j’estime atteindre l’indépendance financière quand je serai capable de générer 80 000 € de revenus bruts passifs par an (175 000 € si je veux que ma femme quitte aussi son emploi salarié).

Cela fait un net de 4 300 € environ par mois, soit : 

  • 1500 € de crédit immobilier,
  • 500 € pour l’alimentation,
  • 1000 € de charges courantes (train de vie),
  • 200 € d’épargne pour les enfants,
  • 500 € d’épargne retraite,
  • 600 € d’épargne pour une future résidence secondaire.

Bien évidemment, chacun fixe l’objectif comme il le souhaite.

Quand devenir solopreneur ?

En 2024, il est de plus en plus facile de se lancer sur internet même lorsqu’on n’a pas de compétences particulières en digital. Les informations nécessaires pour entreprendre sont par ailleurs plus accessibles qu’avant et en libre-service.

Il existe tout un écosystème de services dédiés aux indépendants (mutuelle, assurance, comptabilité, banque, etc.).

Il existe des outils clés en main pour créer des sites web (Webflow), des formulaires (Typeform, Tally), des pages de vente (Unbounce, Carrd), lancer des formations (Talent), vendre des ebooks (Gumroad), diffuser des podcasts (Ausha), gérer une newsletter (Ghost, Substack), envoyer des emails (SendinBlue), sans avoir besoin d’apprendre une ligne de code.

Google et les réseaux sociaux offrent des canaux d’acquisition de clients gratuits.

De mon point de vue, il est beaucoup plus facile d’entreprendre aujourd’hui qu’hier. Je fais le pari que ce sera encore plus le cas demain. Le nombre d’auto-entrepreneurs augmente chaque jour et la société va s’adapter à cette évolution du monde professionnel.

Au regard des contextes technologique et sociétal, il y a beaucoup moins de barrières pour se lancer dans une aventure individuelle. Vous pourriez prendre beaucoup d’avance sur des solopreneurs offrant des services concurrents.

La question à vous poser est plutôt d’ordre personnel. Est-ce que c’est le bon moment pour vous de vous lancer ?

5 recommandations avant de vous lancer

Est-ce que vous avez de l’argent de côté ?

Créer un business signifie accepter de ne pas avoir de revenus dans l’immédiat. Il faudra aussi investir dans des outils. Il est donc important d’avoir un petit pécule de côté, que vous êtes prêt à perdre au cas où vous abandonneriez votre projet. Comptez quelques milliers d’euros.

Est-ce que vous avez des sources de revenu ?

L’idéal est de se lancer dans une entreprise individuelle en parallèle d’une autre activité, notamment salariée. Pour ma part, j’ai lancé mes précédents business en 2018 et 2020, époques où j’étais sous contrat.

Pour avoir un maximum de temps pour donner à votre projet, toucher le chômage est un vrai plus. Si vous avez travaillé trois ans avant un licenciement ou une rupture conventionnelle, vous avez droit à deux années de chômage, avec un montant réduit à partir de 6 mois. Dans certains cas, il est aussi possible de toucher le chômage suite à une démission. Il faut néanmoins présenter un projet solide d’entreprise à son conseiller.

De combien avez-vous besoin et à quelle échéance en avez-vous besoin ?

Fixez-vous une deadline pour votre projet. Attention, un business peut être lent à démarrer. D’expérience, il faut attendre une année complète pour commencer à voir les fruits d’une stratégie de branding sur les réseaux sociaux ou commencer à générer un trafic intéressant via les moteurs de recherche.

En fonction du panier moyen de ce que vous vendez, vous pouvez estimer le temps que ça prendra pour générer les revenus dont vous avez besoin. Comme évoqué plus tôt, j’estime devoir générer 80 000 € bruts annuels pour être confortable. A vous de faire vos calculs selon vos besoins.

Faites le point sur vos compétences

On n’en a pas encore parlé, mais c’est bien évidemment clé. Pour pouvoir générer des revenus, il faut être en capacité de vendre quelque chose. Cela peut être une expertise, des connaissances, des produits, du réseau, de l’apport d’affaires, etc. Faites le point sur vos compétences : généralement, les plus utiles sont celles pour lesquelles votre entourage vous sollicite régulièrement.

Des bilans de compétences et des formations pourront aussi vous aiguiller puis vous donner la confiance nécessaire pour vous lancer.

Qu’en pensent les membres de votre famille ?

Dernier point important, vous devez avoir le soutien des membres de votre famille. Je parle là d’un soutien moral plus que financier : votre entourage doit vous encourager dans votre aventure et ne pas vous mettre de pression. Il est difficile de réussir quand son conjoint est stressé quant aux questions d’argent, ou quand il/elle a des projets que votre envie d’entreprendre met en risque. Exemple le plus courant : l’envie d’acheter un appartement l’année où vous vous lancez en tant que solopreneur.

2 précautions à prendre

Gardez en tête qu’en devenant solopreneur, vous devenez responsable de votre avenir. Si cela peut être un beau succès, cela peut aussi ne pas fonctionner aussi bien qu’espéré.

Par conséquent, deux précautions sont de rigueur : 

  • continuez à planifier votre avenir : quand l’argent rentre et que vous n’en avez pas besoin dans l’immédiat, faites le fructifier pour votre retraite,
  • laissez-vous des portes de sortie : parmi les business que vous lancez, privilégiez ceux qui pourraient vous permettre de retourner dans le monde salarié avec une belle histoire à raconter (et éventuellement une plus grande valeur sur le marché !).

Comment se lancer en tant que Solopreneur ?

Présenter comme ça, je donne peut-être l’impression que devenir solopreneur est une voie facile et royale. Forcément, il y a beaucoup d’avantages. Plus de patron, de l’argent, du temps et des passions… Forcément (j’y crois), cela peut ressembler à une vie de rêve.

Mais c’est loin d’être facile. Le plus difficile, ce n’est même pas vraiment de se lancer. C’est de tenir dans le temps. La clé, c’est de réussir à générer des revenus.

Comment générer des revenus ?

A mon sens, il existe 4 grandes façons de générer des revenus.

Vendre son temps

C’est ce que tout le monde fait. En échange d’une durée de temps passé à travailler, on perçoit un salaire, ou des honoraires, à un taux journalier moyen. Lorsqu’on vend son temps, l’idéal est de le vendre cher (évidemment) et morcelé entre plusieurs clients. 

Cela peut paraître confortable de n’avoir qu’un seul client régulier qui paie bien (en termes de facturation, de prestation, de revenus) mais vous créez une dépendance similaire à celle du CDI. Vous travaillez au rythme voulu par votre client (souvent full time) et vous ne développez pas votre portefeuille de clients au cas où votre unique source de revenus vous remercie du jour au lendemain.

Lorsqu’on vend son temps, on peut être salarié ou indépendant (freelance). Pour maximiser vos revenus générés par votre temps, il est préférable de vendre des prestations très courtes et onéreuses. Le coaching 1:1 ou la vente de conférence est une solution idéale.

Attention à ne pas quitter une Rat race pour en rejoindre une autre. Combien de freelances se retrouvent à bosser plus que lorsqu’ils étaient salariés ? Oui, vous gagnerez probablement plus à la fin du mois, mais vous perdrez au passage de précieuses ressources : du temps et de l’énergie.

anthony ardisson consultant growth

Vendre des compétences

En quoi êtes-vous bon ? Sur quels sujets vos proches vous sollicitent-ils ? Parfois, il suffit de faire le point sur ce qu’on sait faire pour identifier des idées de business.

Ce travail introspectif n’est pas forcément évident à faire. Il m’a pris 4 mois environ : faire le point sur ce qu’on a déjà fait, sur ce qu’on sait faire que la majorité des gens ne savent pas faire, sur ce qui pourrait avoir de la valeur au point de le monétiser. II est aussi possible de faire appel à des bilans de compétences.

Autorisez-vous toutes les possibilités : vous avez fait 10 ans de clarinettes pendant votre enfance, vous en savez sûrement suffisamment pour apprendre à des débutants. Rappelez-vous qu’on est toujours le débutant de quelqu’un. Pas la peine d’avoir le syndrome de l’imposteur : les gens qui en savent plus que vous dans la compétence que vous choisissez ne sont tout simplement pas dans votre cible.

Si vous avez besoin de vous rassurer, suivez les éventuelles formations proposées par vos futurs concurrents. Vous ferez ainsi une pierre trois coups : 

  • renforcement de vos compétences (gain de légitimité),
  • découverte des rouages opérationnelle d’une formation (utile pour lancer un jour la vôtre),
  • découverte du produit d’un concurrent (super important pour se différencier !).

Mettre à profit ses passions

Vous passez beaucoup de temps à éplucher les résultats de foot d’un obscur championnat exotique ? Vous êtes un fan des fichiers excel ? Vous créez des outils web pour le plaisir ? Mais proposez tout ça à la vente !

Sous forme de newsletter, ou de produits dématérialisés, il existe des plateformes faciles à prendre en main et gratuites d’utilisation pour distribuer le fruit de ses passions. Si personne n’est prêt à acheter les contenus que vous créez (ok, qui en France veut réellement payer pour avoir des infos sur le championnat slovaque ?), il y a probablement des entreprises qui sont prêtes à vous sponsoriser pour communiquer auprès de la communauté de passionnés que vous allez rassembler…

Faire fructifier son argent (ou celui de la banque)

On a tendance à l’oublier, car c’est accessible à tous les individus, mais investir son argent est une excellente façon d’en gagner.

Vous pouvez soit essayer de faire fructifier votre épargne (Bourse, Livrets, Crypto, etc.) soit essayer de faire fructifier l’épargne de la banque (investir dans l’immobilier).

L’investissement n’est pas un domaine facile et on n’est pas méga éduqué là-dessus en France. J’ai partagé la méthode que j’utilise pour choisir mes placements ici. Cette matrice d’aide à la décision me permet au moins d’être serein quant à ce que je fais de mon argent. Je ne suis pas conseiller financier, donc ce que vous y lirez ne constitue pas un conseil en investissement. Mais cela pourra probablement vous donner des billes pour maîtriser vos décisions.

Les revenus passifs

C’est un mythe qui a débuté avec La Semaine de 4 heures, de Tim Ferriss. Comme tout mythe, il est fondé sur des vérités. Comme tout mythe, il a sa part d’exagération.

Les revenus passifs sont des revenus qui tombent régulièrement sans que le bénéficiaire n’ait à s’occuper de quoi que ce soit. On entend souvent parler de “gagner de l’argent en dormant”.

Les revenus totalement passifs n’existent pas (ou alors ils ne sont pas sans risque, ou alors ils sont limités, ou alors ils nécessitent une implication minimum). 

L’investissement dans une assurance-vie en gestion pilotée (vous déléguez les prises de décision à des professionnels) permet de générer des revenus passifs (mais aussi des pertes d’argent passives, aha). Le Livret A, ou le fonds en euros d’une assurance-vie permettent de générer des revenus passifs mais dans une certaine mesure (3 % pour le Livret A et 22 950 € maximum) ou à certaines conditions (il n’est plus possible d’investir 100 % de son épargne dans un fonds en euros d’assurance-vie en 2024).

Vendre des prestations dématérialisées sur internet peut se faire de nuit sans votre participation directe. Mais il y aura toujours un travail d’entretien de votre système de vente automatisé, de mise à jour des contenus que vous vendez, de service après vente auprès de vos clients, de promotion pour attirer de nouveaux clients, de comptabilité pour répondre aux exigences de l’Etat, etc.

Dans l’idéal, multipliez vos sources de revenus en choisissant des business qui ne dépendent pas ou peu de votre temps. Développez un portefeuille de revenus les plus passifs possibles.

Quoi vendre en tant que Solopreneur ?

En tant que solopreneur, vous pouvez vendre : 

  • du temps (au mois, à la semaine, à la journée, à l’heure, à la demi-heure) sous forme de consulting, de coaching 1:1, de coaching 1 to many (ou “bootcamp”, “cohort-based coaching”), ou de conférences,
  • des connaissances sous forme de formations vidéos, ebooks, newsletter, contenus, créations graphiques ou visuelles, fichiers, outils, livres, etc.,
  • une audience sous forme d’affiliation sur des contenus créés par vos soins (blog, site, newsletter, vidéos Youtube, Tiktok, Instagram, etc.), de sponsoring (chaîne Youtube, podcast, newsletter, etc.) d’influence (posts sponsorisés sur les réseaux sociaux par exemple), de publicité (régie YouTube, Google Display),
  • des produits physiques sous forme d’objets de collection, d’objets confectionnés par vos soins, de dropshipping, etc.,
  • des créations artistiques sous forme de littérature, peinture, sculpture, musique, etc.

Où vendre en tant que solopreneur ?

Lorsque vous vous lancez à votre compte, vous disposez de trois possibilités pour distribuer vos produits.

Les marketplace

La plupart d’entre elles sont extrêmement connues. Il existe d’ailleurs une voir plusieurs marketplace par type de produits à vendre. Sans chercher à être exhaustif, voici quelques exemples : 

ObjectifMaketplaces
Vendre votre temps LinkedIn, Malt
Vendre des objets de collectioneBay, Catawiki, LeBonCoin
Vendre des objets créés par vos soinsEsty
Vendre des produits dématérialisés créés par vos soinsGumroad, TheNounProject
Vendre de la littératureAmazon Self Publishing
Vendre de la musiqueAmazon, iTunes, Spotify
Vendre de la photographieUnsplash
Vendre un serviceUber, Lulu dans ma rue, Airbnb, Getaround
Vendre en tant que professionnelAmazon

Outils de la creator economy

Les outils de la creator economy ont été spécialement conçus pour héberger certains types de contenus et aider les créateurs à les développer et à les faire connaître. Quelques exemples : 

ObjectifOutils de la creator economy
Monétiser une newsletterGhost, Substack
Monétiser des articlesMedium
Monétiser des formationsTalentLSM
Monétiser des streamsTwitch
Monétiser des podcastsPatreon

Votre propre canal de distribution

Évidemment, vous pouvez choisir de créer votre propre canal de distribution. Cela peut passer par un stand sauvage dans la rue un jour de grand passage, à la location d’un local, ou la création d’un site web. 

La création d’un site internet est beaucoup plus simple aujourd’hui qu’il y a quelques années et il est possible de faire quelque chose de très sérieux pour moins d’une centaine d’euros par an sans grandes connaissances informatiques.

L’avantage principal de maîtriser son canal de distribution est de ne pas avoir à payer les frais des marketplace ou des outils de la creator economy (qui, il faut le dire, sont parfois élevés, voire même sous forme d’abonnement avant même d’avoir réalisé une vente). Vous évitez aussi d’être dépendant vis-à-vis d’une plateforme qui pourrait décider de vous éjecter ou d’augmenter fortement ses prix du jour au lendemain.

Le désavantage d’avoir son propre canal de distribution est double : 

  • vous devez faire en sorte qu’il soit trouvé par votre audience (même si une marketplace ou un outil de la creator economy ne vous garantissent pas d’être découvert),
  • vous devez faire en sorte qu’il inspire suffisamment confiance pour que les gens acceptent d’acheter dessus.

Comment réussir à vendre ?

Vous avez une idée de ce que vous pourriez vendre ? Bravo ! Avant de vous jeter corps et âme dans la création de votre incroyable produit, prenez le temps de vous poser deux questions essentielles

  • A qui souhaitez-vous le vendre ?
  • Comment faire pour que les personnes à qui vous souhaitez le vendre le découvrent ?

Imaginez que vous passez 6 mois à créer une formation aux petits oignons pour vous rendre compte que personne n’en veut et/ou que personne n’a aucune chance d’en entendre parler. 😱

C’est un conseil vraiment important que je vous donne ici : avant de dépenser du temps et de l’énergie dans la création de quelque chose, assurez-vous d’abord que cela peut intéresser des gens. Par exemple, une newsletter : rien ne vous empêche de chercher des potentiels abonnés avant même d’avoir écrit la première ligne. Si vous vous rendez compte que la promesse que vous faites (ex : “la newsletter qui partage les meilleures façons de monter à cheval”) ne suscite aucun émois alors ça ne vaut peut-être pas le coup de se lancer. Vous risquez d’arrêter assez vite (et d’avoir écrit 20 éditions dans le vide). Attention, c’est souvent la façon de présenter votre produit qui pèche, pas le bénéfice qu’il peut apporter. Voilà pourquoi il est important de poser les bases d’une stratégie marketing avant de se lancer. Je donne les grandes lignes juste après !

anthony ardisson consultant growth

Mettre en place une stratégie marketing 

Quand je parle de stratégie marketing, j’entends 3 choses.

  • L’identification d’un besoin partagé par plusieurs individus (une cible), auquel je vais essayer de répondre en mettant en avant mon produit avec le bon message publicitaire.
  • L’identification d’un moyen d’atteindre la cible pour lui délivrer mon message.
  • La construction d’une machine de vente (dans l’idéal automatique).

Cette stratégie marketing doit être ensuite challengée régulièrement pour stimuler vos performances ou chercher plus de vente. Si cela vous intéresse d’entrer dans les détails j’ai écrit un article de plus de 8 000 mots qui vous explique pas à pas comment mettre en place et dérouler une stratégie marketing performante.

Identifier le besoin d’une cible et lui adresser le bon message

Votre stratégie marketing doit s’appuyer sur une hypothèse constituée de 3 éléments.

  • Un besoin (ou une crainte, ou un désir) partagé par plusieurs personnes. Ex : générer des revenus passifs suffisants pour pouvoir quitter son job.
  • Une caractéristique de votre produit qui répond spécifiquement à ce besoin. Ex : une newsletter qui donne les clés pour atteindre l’indépendance financière.
  • Un positionnement qui va mener les personnes qui ont le besoin identifié vers votre produit. Ex : Une newsletter qui aide les personnes qui cherchent à générer des revenus autrement qu’en étant salariées en donnant des exemples concrets de business faciles à lancer.

Pour obtenir une combinaison pertinente de ces trois éléments, il faut pouvoir discuter avec des personnes potentiellement intéressées par ce que vous avez à vendre. On appelle ça une customer research.

Mettre en place un système d’acquisition et de vente

En discutant avec des personnes potentiellement dans la cible, vous allez aussi découvrir quelles sont leurs habitudes et les ressources qu’elles consomment. Votre objectif est d’identifier le canal de communication le plus susceptible de mettre vos messages publicitaires sous les yeux de votre cible.

Par exemple : votre newsletter qui parle de liberté financière et vise particulièrement les personnes en CDI souhaitant générer des revenus annexes pourrait être mise en avant sur LinkedIn. C’est là qu’on y parle le plus de business et où vous avez de fortes chances de trouver des professionnels en CDI.

Une fois votre premier canal d’acquisition identifié, il faut pouvoir créer le système qui vous permettre de générer vos premières ventes (ou premières inscriptions si on reste dans l’exemple de la newsletter). 

C’est là qu’intervient la question du canal de distribution. Dans le cas de votre newsletter, trois options pertinentes à mon avis : 

  • si votre newsletter ne sera jamais payante et que vous pensez vivre de sponsoring et/ou d’affiliation autour du contenu rédigé dans vos mails, je vous conseille Substack.
  • si vous projetez que votre newsletter puisse être payante un jour et/ou que vous comptez sur le référencement naturel comme canal d’acquisition, je vous recommande plutôt Ghost.
  • si vous vous sentez l’âme de bâtir votre propre canal de distribution pour en rester maître, vous pouvez créer un site web avec WordPress pour CMS et brancher un outil d’email marketing. Le site sera gratuit à la différence d’un Ghost, vous permettra tout autant d’attirer de nouveaux abonnés grâce au SEO et vous aurez la possibilité de vous diversifier en écrivant des articles dédiés à de l’affiliation. C’est le moyen le moins cher et le plus flexible de vous lancer, mais aussi le moins clé en main.

solopreneur

Outils et aides à la décision une fois que vous vous lancez 

C’est parti ? Bienvenue dans l’aventure ! 

La vie de solopreneur est faite de dilemmes au fur et à mesure que votre activité progresse. La première question que vous devez vous poser est celle du statut de votre activité.

Quel statut juridique pour un solopreneur ?

Si vous débutez votre activité et que vous n’en tirez pas encore de revenus, ne perdez pas beaucoup de temps sur cette question. Je dirais même plus, repoussez-là jusqu’au jour où vous devrez facturer votre premier client.

Quand vous vous lancez seul, vous avez le choix entre plusieurs statuts juridiques.

La micro-entreprise

Le premier (et le plus courant) est le statut d’Entreprise Individuelle (EI) avec le régime de la micro-entreprise. C’est le moins contraignant administrativement et le plus intéressant d’un point de vue fiscal. Le chiffre d’affaires de l’Entreprise individuelle est votre argent (une fois que vous vous êtes acquitté des impôts et charges sociales, évidemment).

Vous ne payez pas d’impôts tant que vous ne gagnez pas de chiffre d’affaires. Vous n’avez pas de comptabilité à tenir. Il suffit pour créer une microentreprise de la déclarer à l’URSSAF. Vous obtiendrez un siret et pourrez facturer votre premier client. Cela prend quelques jours.

Attendez d’avoir à facturer un premier client pour créer votre statut. En effet, à la création de votre micro-entreprise, vous pouvez sous certaines conditions bénéficier de l’ACRE, soit une réduction de vos charges sociales pendant 3 ans. Si vous créez trop tôt votre entreprise, vous perdrez plusieurs mois d’ACRE.

Si vous êtes éligible, demandez lors de la création de votre micro-entreprise une imposition au prélèvement libératoire. Cela vous permettra de payer des impôts pour l’activité de votre micro entreprise sur la base de votre chiffre d’affaires (2,2% max) et non pas sur la base de vos revenus (et donc de votre Taux Marginal d’Imposition).

Sachez que vous devrez collecter de la TVA dès lors que vous dépassez 39 100 € de chiffre d’affaires sur une année (ce seuil dépend de votre activité). Prenez le en compte en amont dans votre tarification car si vous ne l’avez pas anticipé, il faudra soit augmenter vos tarifs de 20 % (mais il faut que vos clients acceptent), soit réduire votre CA de 20 % (et ça vous n’avez pas envie de l’accepter).

L’entreprise individuelle au réel

L’entreprise individuelle au réel est choisie dans deux conditions (je parle pour les entreprises individuelles BNC, ce qui est très probablement votre cas, vérifiez ici) : 

  • Vous prévoyez de dépenser pour votre entreprise plus de 34 % de votre chiffre d’affaires annuel. Dans ce cas l’EI au réel pourrait être plus intéressante que le régime de la micro entreprise (et encore, je vous recommande de faire vos projections).
  • Vous avez dépassé pendant 2 années d’affilée le seuil maximum de chiffre d’affaires annuel pour rester au régime de la micro entreprise (77 700 € en 2023) et vous ne souhaitez pas créer une SASU ou EURL.

L’entreprise individuelle doit s’acquitter de la TVA et doit tenir une comptabilité.

SASU et EURL

La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) et l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) sont des formes juridiques possibles pour l’entrepreneur individuel. Elles sont toutefois beaucoup plus contraignantes que l’entreprise individuelle, notamment en termes de rédaction de statuts et de comptabilité. Vous devez vous acquitter de l’impôt sur les sociétés (la majeure partie du temps) avant de pouvoir vous verser des dividendes ou un salaire.

Elles sont intéressantes dans deux cas (mais j’avoue ne pas avoir creusé plus que ça).

Vous souhaitez vous rémunérer en dividendes : vous n’avez pas besoin de l’argent généré par votre activité pour vivre et vous dépassez le seuil de la micro entreprise. Se verser des dividendes depuis une SASU permet d’optimiser sa fiscalité. Cerise sur le gâteau, se verser des dividendes permet de continuer à toucher le chômage, là où les revenus de l’entreprise individuelle ne se cumulent pas avec l’allocation chômage si vous avez créé votre activité après vous être retrouvé au chômage. C’est donc potentiellement un bon move si vous avez deux ans de chômage devant vous et que vous êtes certains de générer un très gros chiffre d’affaires.

Vous souhaitez être salarié ou assimilé salarié : vous vous versez un salaire, avez une fiche de paie et vous obtenez tout ce qui avec (protection sociale, sourire de la part de votre banquier, respect de la part de votre bailleur). Dans ce cas là l’EURL peut être une option.

Creusez cette partie avec un expert du sujet avant de choisir, j’ai peut être raté des choses.

Quelle banque pro pour un solopreneur ?

Surprise ! Vous souhaitez payer vos impôts sur le chiffre d’affaires que vous avez généré mais vous vous rendez compte que votre banque n’est pas compatible avec le prélèvement de l’URSSAF.

Et oui, vous avez besoin d’une banque professionnelle. Pas de bol, là où les banques en ligne nous ont habitué à être gratuite, les banques pro sont payantes (à partir de 7 à 8 € par mois).

Il y a plusieurs acteurs sur le marché. Choisir un Qonto vous permet de vous projeter sereinement vers les prochaines évolutions de statut de votre entreprise (si elles doivent avoir lieu). Shine est moins cher est spécialisée dans les entreprises individuelles (EI). Je vous conseille de rester sur l’un de ces choix-là, car elles ont de bonnes intégrations avec les outils de comptabilité (ce qui vous facilitera grandement la tâche quand vous devrez la tenir).

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